Afrik.com : Dans quel contexte est née Kirène ?
Alexandre Alcantara : Montrolland (produite par la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal) n’avait pas une très bonne qualité et la plupart des eaux minérales étaient importées, ce qui est très coûteux. Après une étude de marché, nous avons vu qu’il y avait un potentiel à développer.
Afrik.com : Kirène est sortie l’année où la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal, qui commercialisait Montrolland, a fermé ses portes. Est-ce un hasard ?
Alexandre Alcantara : Monter un projet comme celui de Kirène prend deux ou trois ans. Nous l’avions donc bien avant la fermeture de la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal, qui a d’ailleurs arrêté de produire Montrolland un an avant sa cessation d’activité.
Afrik.com : Comment l’eau minérale que vous extrayez devient-elle Kirène ?
Alexandre Alcantara : Nous extrayons l’eau à côté du village de Kirène et la traitons à l’usine basée à Diass (environ 50 km de Dakar, ndlr). Elle passe dans un systême de filtration et, dans le même temps, nous fabriquons les bouteilles où elle sera conditionnée. Elle est embouteillée sur place, nous faisons des packs et les stockons.
Afrik.com : Quelles sont vos normes de qualité ?
Alexandre Alcantara : Nous faisons des prélèvements toutes les deux heures. Notre laboratoire fait des analyses, fournit ses résultats et donne son aval pour la sortie et la mise sur le marché du produit. De temps en temps, nous comparons nos analyses avec ceux de l’institut Pasteur du Sénégal ou avec ceux du laboratoire de l’université de Dakar. S’il y a un problème, nous arrêtons toute production jusqu’à ce que le problème soit résolu. C’est notre contrôle qualité.
Afrik.com : Quels genres de problèmes pouvez-vous rencontrer lors de la production ?
Alexandre Alcantara : Les problèmes de qualité sont très rares. Ils peuvent être dus à une machine mal réglée ou à une coupure d’énergie soudaine, qui peut entraîner une rupture de la chaîne de stérilité.
Afrik.com : Quelles sont vos cibles ?
Alexandre Alcantara : La majeure partie des ventes est destinée à la consommation courante. Notre cœur de cible est la femme, comme pour la plupart des eaux minérales. Nous avons constaté qu’avant notre arrivée, elle ne consommait pas d’eau. Quand Kirène est apparue, elle la buvait lorsqu’elle était enceinte et, après l’accouchement, la donnait à son bébé pour l’hydrater. Nous avons créé le format de cinq litres pour les familles qui souhaitent avoir de l’eau de qualité à la maison. Les personnes âgées boivent aussi Kirène dont ils se servent comme un « alicament », c’est-à-dire qu’ils se servent la boivent pour se soigner. C’est un principe de santé. Nous avons par ailleurs des contrats d’approvisionnement avec de gros hôtels, car nous sommes situés non loin d’une station balnéaire.
Afrik.com : Kirène détient 80% de parts de marché. Quels sont les atouts qui ont permis à Kirène d’être si bien reçue ?
Alexandre Alcantara : Le prix. Nous sommes arrivés sur le marché avec une forte image, une campagne de design très intéressante, qui accrochait notre cible avec des visuels sympathiques. Le marché a été réceptif au fait qu’il y ait une eau sénégalaise, produite au Sénégal, par des Sénégalais. Et, enfin, les Sénégalais se soucient de plus en plus de leur santé et nous répondons donc à leurs besoins. Ce sont tous ces facteurs qui ont permis à Kirène de bien évoluer.
Afrik.com : Votre ascension vous a-t-elle permis de réduire les importations ?
Alexandre Alcantara : A l’époque où nous sommes arrivés, nous avions répertorié 45 marques d’eaux différentes. Elles venaient de partout. Aujourd’hui, il n’y a plus que trois grandes marques : Pierval, Cristalline et Valentine, qui est sénégalaise.
Afrik.com : Peut-on dire que vous avez des concurrents ?
Alexandre Alcantara : Notre premier concurrent est l’importation. Par ailleurs, au Sénégal même, depuis deux mois, deux concurrents nationaux se sont installés. Et il me semble que deux autres ne devraient pas tarder. Nous avons toujours travaillé comme si nous avions des concurrents, ce qui nous pousse à toujours progresser.
Afrik.com : Quel chiffre d’affaire vous rapporte Kirène ?
Alexandre Alcantara : Notre chiffre d’affaire est de 2 milliards de FCFA par an. Nos marges en tant que fabriquant évoluent de 10% à 15% selon les périodes. Le pourcentage de marges est très volatile parce que l’eau dépend du cours des matières premières, auxquelles appartient le pétrole...
Afrik.com : Exportez-vous Kirène ?
Alexandre Alcantara : Nous avons une petite activité d’exportation en Guinée-Bissau et au Mali. Nous avons un point de vente à Paris dans le bar à eaux Chez Colette. Les exportations devraient augmenter lorsque nous aurons d’autres produits pour accompagner Kirène.
Source : http://www.afrikeco.com/articles/economie.php3 ?id_article=8483
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